Au XVIIe et au XVIII siecle, les salons litteraires et la cour du roi de France s'ecartent du monde réel de la Féerie pour le réduire à une vision convenable et policée, dans laquelle la fée est toujours belle, bienveillante, parée d'une couronne et d'une baguette magique, symbole de ses pouvoirs.
Elle n'est jamais protagoniste des histoires dans lesquelles elle apparait, mais joue plutot un role de deus ex machina venant porter secours au heros ou à l'heroine en péril des contes merveilleux.
Ces contes de Fées, peu à peu édulcorés et réduits aux limites de la littératre enfantine, s'écartent du folklore et de la légende pour correspondre au bon goût en vigueur à la cour.
Ainsi naquirent les recueils de contes de Perrault, Mme Aulnoy ou Mme Leprince de Beaumont. Une édition populaire de ces contes en quarante quatre volumes - y compris les Milles et Une Nuits de Galland - parut d'ailleurs entre 1785 et 1789 sous le titre de Cabinet des Fées.
A la naissance de leur enfant, les Bretons avaient grand soin de dresser dans une chambre écartée, une table abondamment servie, avec trois couverts, afin d'engager les mères ou Fées à leur etre favorables, à les honorer de leur visite, et à doter le nouveau né de quelques qualités heureuses.
(qui a oublié de dresser la table quand c'etait MON moment hein?!!)
Ils avaient pour ces etres mysterieux le meme respect que les romains pour les Carmentes, déesses tutélaires des enfants, qui présidaient à leur naissance, chantait leur horoscope et recevaient des parents un culte.
Tantot c'est un praefectus aquae qui, sur les bords du Rhin, dresse un autel aux nymphes qui president aux ondes sacrées du fleuve; tantot c'est une druidesse, Arete, qui, sur l'ordre d'un songe, consacre un ex voto aux sylvains et aux nymphes du lieu; une autre fois, ce sont des charpentiers (tignarii) de Feurs qui reparent un temple de Sylvanus. Ne voila-t-il pas des monuments qui attestent que le culte des bois, des eaux et des fontaines c'etaient encore conservé dans la Gaulle pendant la domination Romaine.
Que ce soit Urgele ou Morgane,
J'aime, en un rêve sans effroi,
Qu'une Fée au corps diaphane,
Vienne pencher son front sur moi.
Victor Hugo